Au cours de la dernière décennie du 20e siècle, l’industrie de l’armement était étudiée principalement sous l’angle de leur souhaitable « reconversion ». Les restructurations furent profondes, mais le secteur en sortira consolidé et plus fermement enraciné dans l’économie. Le secteur de l’armement repose en effet sur des fondamentaux solides : pérennité de la fonction militaire, dépenses militaires élevées, doctrines de sécurité justifiant l’usage discrétionnaire de la force militaire, effort technologique soutenu. C’est dans le cadre de ce nouveau paradigme que le GRIP étudie désormais l’évolution du secteur de l’armement dans l’Union européenne, aux États-Unis , ainsi qu’au niveau local par le monitoring régulier de la production d’armement en Belgique.
Les premiers budgets militaires de Barack Obama : un changement dans la continuité (Luc Mampaey)
Selon le projet présenté le 1er février 2010 par Robert Gates, le budget militaire des États-Unis devrait dépasser les 700 milliards de dollars pour l’année fiscale 2011. Malgré ce chiffre impressionnant, les deux premiers budgets présentés par l’administration Obama marquent une nette rupture par rapport à ceux de George W. Bush, et témoignent d’une réelle volonté d’endiguer les dérives financières de plusieurs grands programmes d’armements, jusqu’alors réputés intouchables. Toutefois, il semble que ce retour à l’orthodoxie financière n’a été possible qu’au prix d’une sous-estimation de certaines dépenses et de reports d’investissements pourtant nécessaires. De plus, Barack Obama doit compter avec l’inertie et la cohésion d’un système militaro-industriel bien décidé à défendre ses positions et conforté par le climat de guerre permanente qui s’est installé depuis 2001. Dans ce contexte, il est illusoire d’attendre une inflexion déterminante de la trajectoire des dépenses militaires des États-Unis.
La guerre en sous-traitance : L'urgence d'un cadre régulateur pour les sociétés militaires et de sécurité privées (Luc Mampaey et Mehdi Mekdour)
Les guerres en Afghanistan et en Irak ont braqué l’attention sur une nouvelle version contemporaine d’un métier plusieurs fois millénaire : le mercenariat.
L’activité de mercenaire, combattant versatile animé seulement par la recherche du gain, est documentée depuis plus de 2 500 ans avant notre ère. Elle a pris une ampleur exceptionnelle aux cours des décennies 1960 et 1970, à l’occasion des guerres d’indépendance et de décolonisation sur le continent africain, malgré l’adoption de plusieurs conventions régionales et internationales la déclarant illégale et visant à l’interdire.
Depuis la fin de la Guerre froide, une nouvelle génération de mercenaires exerce ses activités dans la plus parfaite légalité, pour le compte d’entreprises commerciales qui ont pignon sur rue et sont parfois cotées en bourse. ...